Maissabey1.jpg

BLEU BLANC VERT

auteur:Maïssa BEY

« On ne dirait pas que la guerre est finie. À la radio, on parle de nombreux affrontements. De “luttes fratricides”. Un peu partout dans le pays. De l’est à l’ouest. Mon père est de plus en plus silencieux, de plus en plus absent. Il rentre très tard à la maison. Et quand il rentre, il a sa tête des mauvais jours. (...) Je n’ai pas vraiment compris ce qui se passe. Hier soir, Hamid, mon frère, m’a dit qu’on continuait à se battre. Il sait plus de choses que moi puisque c’est l’aîné. Il m’a traité d’imbécile quand je lui ai demandé si les Français étaient revenus. Mais alors, qui ? Qui sont nos nouveaux ennemis ? Sans cesser de se regarder dans la glace, il a ricané. C’est nous. J’ai cru qu’il se moquait de moi. Mais il m’a expliqué qu’on se battait entre nous. Nous, il voulait dire nous, les Algériens libres et indépendants ? » M.B.

1962. Indépendance de l’Algérie. Dans l’euphorie de la liberté retrouvée, l’avenir est à portée de mains, plein de promesses et d’espoirs. 1992. Le FIS gagne les élections dans une Algérie plongée dans «l’ombre de la grande désillusion». À travers le récit alterné de deux héros, Lilas et Ali, l’auteure remonte ici l’Histoire, avec ses découvertes et ses héritages. Comment faire coexister modernité et traditions? Tel est le nouveau défi de Maïssa Bey, qui, livre après livre, (re)construit son pays, celui hérité de ses parents, celui qu’elle transmettra à ses enfants.

Titres du même auteur:

Surtout ne te retourne pas
Entendez-vous dans les montagnes...
Désert, désir d'éternité